mardi 10 avril 2018

La fin d'une civilisation

La dernière reine d'Ayiti
Elise Fontenaille
Roman

Guaracuya vit dans une île paradisiaque des Caraïbes où les habitants vivent heureux et en harmonie avec la nature et ce qu'elle leur donne. Il est le neveu de la reine Anacoana surnommée Fleur-d'Or et la suit partout, admiratif et dévoué. Il a tout juste 15 ans et va bientôt les rites de passage à l'âge adulte.

Un matin de 1492, un voilier apparaît, commandé par deux frères, Christophe et Bartholomé Colomb. Ils sont accueilli comme des amis par le peuple Taïnos qui leur offre tout ce qu'ils ont de meilleur et les considère avec curiosité mais bienveillance, sur l'ordre de la reine.

Les navigateurs, repartent, puis reviennent, plus nombreux. Ils veulent de l'or, toujours plus d'or et forcent les Taïnos à travailler pour eux, sous peine de torture et de mort. Ils sont vulgaires, grossiers, violents et ne respectent rien. Quelques Taïnos réussissent à s'enfuir et rejoindre Guaracuya dans une lointaine grotte où il a trouvé refuge après avoir été témoin de l'exécution de la reine.

Le peuple Taïnos diminuant de façon drastique, les navigateurs ramènent des esclaves noirs en provenance d'Afrique, qu'ils font travailler de manière aussi brutale que leur Taïnos. Certains Noirs réussissent à s'enfuir aussi et rejoignent Guaracuya et les quelques Taïnos restant. 

Guaracuya nous raconte sa vie idyllique dans sa tribu et l'anéantissement de celle-ci, provoquée par les Conquistadores. Ce livre est choquant par la violence de ces envahisseurs qui considèrent ce peuple comme des animaux et non des hommes et ne respectent pas plus la nature que les Taïnos, leur reine, les chefs de tribu ou le peuple.

Je vous reporte ici les dernier chapître intitulé "Quelques chiffres et données".
"En 1492, Christophe Colomb débarque à Ayiti, qu'il nomme Hispaniola ; d'après Bartholomé de Las Casas, à cette date, il y avait dans l'île plus d'un million de Taïnos... Quarante ans plus tard, il n'en restait plus un seul ; ils avaient été tous exterminés.
Mauvais traitements, tortures systématiques, travaux forcés, exclavage, épidémies...
Un million d'êtres, doux et accueillants, beaux et non violents, hautement civilisés, qui vivaient en paix chez eux, et n'avaient jamais nui à personne...
En moins d'un siècle : anéantis.
C'est ce qu'on appelle un génocide réussi.

Guaracuya-Enriquillo, le neveu d'Anacaona, mena la dernière révolte des Taïnos et accueillit dans les montagnes les premiers esclaves en fuite...
En souvenir de lui, en hommage, les Haïtiens ont donné son nom à un lac.
(...)"

Après cette lecture, on a besoin de temps avant de commencer un autre livre....




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